Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
J'ai creusé, creusé, biné, re-biné... J'ai enfin trouvé l'eau !
C'était de l'eau de mer...
Et je suis planqué là, dans l'obscurité de l'ancienne tour, parfaitement immobile, parfaitement silencieux, me délectant de ce vide. L'oubli, le noir, le néant...
Le bruit des vagues s'engouffre par les ouvertures des ruines et résonne entre les lambeaux de pierre comme autant de chuchotements.
Réfugié dans l'obscurité, j'imagine que ce sont les voix étouffées de ceux qui ont péri en mer, plongés pour l'éternité dans leurs limbes sans étoiles.
Des odeurs fortes empoisonnent l'air de la tour en ruine - urine, excréments, pourriture - profanations de ceux qui n'ont cure des monuments et encore moins de leur histoire. Mais ces odeurs ne me gênent pas ... elles ont même quelque chose de pervers, comme une corruption enivrante.
Quelque part, une bestiole se met à hurler, sans doute la proie d'un autre animal, plus rapide, plus mortel.
A l'abri de la réconfortante pénombre, j'ai souri...
Les forces se construisaient. L'homme faisait partie de cette construction.
Pourtant, il ne le savait pas.
Il le saurait. Bientôt...
Et pour lui, il serait trop tard.
(Bon, j'arrête de creuser. Si j'ai le temps, demain, je change de cap...)