Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
"C'est une honte de se taire, et de laisser parler les barbares."
Je suis d'accord avec lui. Tiens, c'est qui, lui ? (Quelqu'un peut me dire ?)
Bien sûr, je suis d'accord... mais parler à qui ? Comment ? Pourquoi ? La volatilité de celui qui ne lit pas est là... Et la plupart de ceux qui écrivent pour s'engager utilisent souvent une franchise belliqueuse qui cache un aspect tacticien...
Ecrivains engagés... c'est pas beau ça ?
Depuis la nuit des temps, ceux qui ont tenté de l'ouvrir n'ont pas rencontré grand succés... 17940 voix pour Lamartine aux présidentielles de 1848. 263 voix pour Alexandre Dumas qui se présentait la même année en Seine et Oise... Le bouillon ! Seul Victor Hugo a réussi un bon résultat, avec 80 000 voix à Paris en 1871... ce qui est immensément éloigné du nombre d'acheteur des Misérables !
Bref, à quoi bon parler dans le vide ? Pourquoi mettre de la raison, du sens et de l'humanité dans les paroles, lorsque la place est définitivement prise par les ultrapipols mondains friqués de la politique moderne et leurs copains banquiers !
On peut seulement s'interroger.
Se demander où leurs agitations nous mènent, vers quoi leurs mots drapés de soyeuse hypocrisie nous dirigent, où leurs promesses nous précipitent...
Scotché devant mon bel écran plat Full HD, Display, Dolby, Digital, 40 000 pixels, je me dis que l'agitation du monde devient pathétique. Alors, moyennant redevance et abonnement, je les contemple s'irriter, inciter, exhorter, approuver, s'applaudir, appauvrir, garantir, assurer... pauvres pantins médiatiques pris dans le tourbillon sans fin d'une économie mondiale que pas un d'entre eux n'a le courage de décrire dans sa limpide nudité : bordélique et incontrolable !
Je parle, je parle... Pour rien, sans, doute. Les barbares sont déjà bien trop nombreux !
(Au cas où, je me suis acheté un flingue et je stocke du sucre... Ah, ha, ha !)