Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Quelqu'un rigole dans le noir...
La lumière n'est plus qu'une minuscule tâche sale. Il transpire, siffle, s'essouffle, n'arrive plus à reprendre ses esprits, englué qu'il est dans ce rêve idiot ! Peut-être même qu'il dort !
Il voit le capitonnage de velours, un imprimé à fleur sur fond lie-de-vin, sent son humidité, devine sa douceur inutile... Il fait un froid de canard, pourtant il est moite de sueur. Il a la gorge sèche, la respiration haletante. Manque d'air... Il se sent comme un poisson hors de l'eau. Il se tortille d'ailleurs comme un poisson, il se voit en poisson ... ça le fait même rire.
Manque d'oxygène, voilà le problème. Où est-il exactement ? Dans un aquarium ? Dans un bocal ? Il rit encore... Remonte les genoux, les appuie contre le capitonnage qui s'enfonce, pousse le couvercle... ça y est, il est dehors, libre... Mais le couvercle ne cède pas, ce sont ses muscles qui lâchent...
Le sang cogne dans ses oreilles, il tangue, s'agite encore, ses genoux heurtent les parois... Il crie en poisson, ne s'entend pas, saute comme une grenouille, vole comme un oiseau... Les bulles dans sa tête...
Elle est là, si belle, près de la baignoire qui lui tend une serviette. Pieds nus, elle essuie les gouttelettes accrochées à son cou.
Là, tout va bien... Il est maître de son coeur, de ses poumons. Elle le fixe. Ses yeux verts étincellent. "Je croyais que tu étais mort", lui dit-elle...
(J'ai biné - deux fois... sans débiner ! - la terre, ça a donné un thriller d'un autre monde ! Demain, je creuse encore pour trouver l'eau... Tchao !)