Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Le magasin était fermé ! C'est lundi ...
J'avais oublié, simplement. L'air con, la bécane sous le bras, le bras enkylosé, j'ai maté la vitrine... Impuissant !
Voilà l'histoire... L'histoire du mec qui s'emmerde à cause de sa machine !
Et sa machine, elle tousse, elle suffoque, elle a de la fièvre, elle veut plus bosser... Putain...
Et moi, vide. Pas la moindre idée du début du commencement d'une solution. Rien...
Je me suis assis sur un banc face à la vitrine en me disant que l'idée n'est pas du domaine de la réflexion, mais de l'illumination. Qu'elle n'est qu'un éclair face au labour de la pensée.
Il faut donc que je pense. Mais je ne pense à rien, si ce n'est que l'illuminé n'est jamais loin de l'imbécile. Illluminé, il est ébloui. Ebloui, il est aveuglé. Aveuglé, il adore son aveuglement.
La puissance de l'idée est effrayante. Avec elle, on transforme un peuple en meute... On modifie le livret A, on réforme l'école, on méprise l'or noir, on protège les espèces, on améliore la retraite...
Rien n'arrête la bavardise de l'idée... Elle n'est qu'une illusion qui se prend pour la vérité.
Finalement, je suis content de ne pas en avoir.
N'empêche, ma bécane, elle a toujours la fièvre...