Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Blanche... D'un blanc pur, comme offert à une divinité immaculée...
La voilà la fameuse page qui distille tellement d'angoisse.
J'y suis... que vais-je pouvoir y mettre ? Quelle trace noire va labourer de ses lignes cet espace encore inviolé, laissant un sillon indélébile raconter son histoire ?
J'aurais bien aimer vous amener sur les pas du voyeur, planqué sur les bords de la terrasse d'un café. Vous prendre par la main et observer l'humain, sa folie narcissique, ses angoisses, ses doutes, sa mégalomanie, son accablement, son ennui, ses joies trop voyantes, ses faux sourires, sa politesse visqueuse, sa bonne humeur de commande, l'affairisme bavard de ses apparences, ses avis sur la guerre, la paix, la politique, les fringues, les bagnoles, les attentats, les crèmes solaires, les tremblements de terre, la réincarnation, Dieu... Tout !
Hé bien non... je ne vous ai pas amené...
J'ai juste écouté l'enfant de l'homme prendre son envol dans le carré protégé d'un espace-jeu !
J'ai écouté ses rires, ses larmes, ses peurs... J'ai vu son bonheur de sauter plus haut, sa joie de monter plus vite, le sourire sur le toboggan, le cri dans le bac à sable !
C'était l'espace d'un instant...
" L'enfant est le père de l'adulte " disait Freud... J'ai parfois du mal à voir la filiation... D'autres fois, elle m'apparaît criarde !