Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Zavévu ?
Le bordel continue... (Ah bon, zavépavu !)
Tout à l'heure, je suis allé sous mon olivier - on m'a demandé de parler de mon arbre... - en me disant que ce monde allait vraiment pas bien...
J'en ai conclu égoïstement que c'était très chiant pour moi, parce que j'espérais bien aller au bout - de quoi, déjà ? - en restant peinard dans mon coin.
Pourtant je résiste depuis un bout de temps, arc-bouté face à la folie des hommes, à leur indifférence, aux relents de leurs ambitions mortelles, à l'incompréhension du temps qui passe...
J'ai même supporté la calomnie, la dérision, les bâtons dans les roues, la jalousie, l'oubli, les rumeurs, la camisole d'ennui... J'endure, je m'en fous, je respire les embruns, me soûle de mes mots vains...
Et puis il y a mon olivier que je visite régulièrement et que je respecte tant. Pour vous dire : je n'ai jamais pissé ni vomi sur son tronc torturé. J'admire son feuillage, ses racines, son impassibilité, sa patience... Je suis pas le seul à le bader, direz-vous... Sa silhouette noueuse qui parle de paix et d'immortalité était symbole de sagesse chez les Grecs, vénérée chez les Romains.
Au point qu'Hercule avait fabriqué ses massues avec son bois, et Ulysse son pieu pour terrasser le cyclope ! L'avait même construit son pieu - l'autre, celui qu'il partageait avec Pénélope - avec ses branches... Pour vous dire !
Bon, je parlais de quoi déjà ? Ah, oui, le bordel...