Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Génial ! pas de pluie, même pas de neige... Juste un peu de vent !
Vraiment un super concert !
Mais je vous en parlerai demain, parce que là, je suis en pleine concentration mystique...
Tout à l'heure, la finale du championnat de France de rugby... et comme j'ai cru constater que vous n'étiez pas contre les "extrais", je vous en met un petit bout, histoire d'être dans l'ambiance... C'est parti !
C'était la grand-messe. Le pèlerinage au Stadium était autrefois le dernier. On y " montait" pour " la" finale ! Désormais il n'était plus que l'antichambre de la gloire. On venait y mériter l'apothéose du Stade de France. Comme si, après des années de rébellion, les grands clubs du sud avaient fait allégeance à la capitale. Un vrai pèlerinage. Une immense procession dans laquelle les rites barbares chevauchaient les références judéo-chrétiennes d'une société en mal de repères sacrés...
D'ailleurs, pour satisfaire aux besoins d'audience et de recettes, les nouveaux temples devaient être immenses ! Aux normes de la modernité. Prêts à accueillir des milliers de nouveaux convertis. Parce qu'en quelques années, le rugby, intime chanson de gestes, s'était transformé en spectacle. Un spectacle mondial, dont les scènes d'autrefois étaient devenues trop exiguës.............
Dehors, c'est l'exubérance. Les visages bariolés, les couleurs partout. Comme si on avait organisé un immense concours de carnaval... Le "ciel et blanc" a envahi le paysage à la lutte avec un "rouge et noir" incandescent ! On se bouscule, on s'interpelle, on se défie parfois. La fièvre monte...
Les pique-niqueurs de la dernière heure saucissonnent encore, à grand renfort de rires et de plaisanteries paillardes. Entre supporters, le match a commencé. On se croise, on se jauge, on se provoque, on se parle, on s'encourage même. Certains partagent les couleurs, échangent déjà les casquettes. Tous ont revêtu leurs plus beaux habits... Vieux maillots, chaussettes délavées, tee-shirts usagés... Brandis comme des étendards, drapeaux, bannières et banderoles sont autant les témoins de campagnes passées que de conquêtes à venir...
Dedans, c'est le recueillement. Le calme absolu. Le silence quasi mystique... Le rituel prend toute sa dimension. Les gestes sont précis. Empreints de solennité. C'est la préparation au combat.. L'instant fugace de la mystérieuse mutation. Celui où le gentil garçon placide va se transformer en guerrier inquiétant... On se parle à mi-voix, le souffle se fait profond. Le regard fixe. On visse ses crampons lentement, méticuleusement, on les lace avec soin.... Le short est bien serré... Les straps ! Ah les straps... Autour des doigts, des chevilles, des genoux, des poignets, des coudes, de la tête... La tête... C'est là que ça va se passer....