Gris, avec des lettres noires... parfois blanches. Un bandeau orange, des carrés rectangulaires plus clairs avec des mots dedans...
Ça a duré des jours...
Il l'a attendue, retrouvée, reperdue... Ils s'étaient disputés, aimés, détestés, écartelés, débattus dans leurs contradictions. Elle avait pleuré, il avait hurlé, ils s'étaient déchirés. Il l'avait encore torturée de questions... Ainsi était faite leur vie : de tumulte, de peurs, d'incompréhensions, et d'un immense amour qui les empêchait de se perdre totalement...
Il voulait la faire renaître, la libérer, la martyriser sous ses caresses, lui offrir des abîmes de tendresse... mais ses mots disaient le contraire. Elle acceptait, se donnait, puis craquait. Car elle aussi avait ses mots, ceux de sa cité, coléreux, protecteurs, décapants, inconcevables parfois ; et les autres, ceux qu'elle gardait en elle, remplis d'amour ; qui attendaient seulement qu'elle efface ses doutes...
Ça a duré longtemps...
Puis ça s'est calmé.
Il y a eu Noël et son cortège de solitudes. Le grand rituel collectif. Sans signification chez Nina, sans joie chez Thomas. Un Noël triste et glacial qu'ils ont partagé l'espace de quelques minutes dans sa voiture, dont il laissait tourner le moteur pour ne pas couper le chauffage... Il lui a offert un coffret de parfum ; elle, un stylo qu'elle a choisi avec Marina, au tabac des Fontaines. Sans savoir pourquoi, elle a sangloté avant de remonter...
A la Saint-Sylvestre, ils ont abandonné famille, amis et tradition pour quelques baisers passionnés et une soirée cinéma. En sortant, ils se sont disputés. Une dispute sans vrai motif. Comme ça... un mot malheureux. Il l'a raccompagnée... Chacun chez soi... La solitude froide au milieu d'une nuit consacrée à la liesse... Rien de pire.
(C'est juste pour changer un peu... Un petit bout de texte, comme ça... Pas de musique, rien... Juste un autre délire. Après tout, pourquoi pas...)