C'est juste un truc que j'ai écrit comme ça... (Ben oui, c'est un blog littéraire...) C'est sans doute un peu long... mais si vous
allez pas au bout, c'est pas grave...
Dans sa combi en vinyle fluo rouge, elle ne déparait pas au milieu du grand hall recyclé par une main hasardeuse en décor bariolé-kitsch. Noyé dans une fureur de lumières et de sons,
il y a passé sa soirée à regarder les drogués alcooliques vomir sur leurs chaussures vernies et les tatouées caractérielles s'invectiver comme des camionneurs. Vers onze heures, alors qu'une
affreuse barre dans le dos lui faisait regretter de n'être pas assis devant ses ordis, une icône - trash a fait son show d'héroïne décadente, jetant des regards avinés à travers un eye-liner posé
à la truelle et un faux sourire destroy. Cramponnée à un pied de micro rétro, elle a poussé la chansonnette subversive, articulant des sons proches du glapissement de poulet, devant un parterre
d'admirateurs au naufrage chic !
Bousculé, surpris, invectivé, perturbé, il ne voyait autour de lui que laideur, désolation et vulgarité, recherchant au fond de sa bienveillante compréhension les
motifs justifiant ce genre de comportements.
Il voyait aussi les pilules circuler de main en main, en se disant que face à la société de
froideur et d'indifférence qu'on leur offrait, ces jeunes se fabriquaient simplement un autre monde, s'offrant du même coup leur équipée sauvage et la dose de n'importe quoi susceptible de leur
apporter un frisson quelconque. Peut-être avaient-ils simplement peur. Tout le monde avait peur, et tout le monde cachait ses peurs... Eux, préféraient sans doute s'inventer leur propre horreur
pour mieux la contrôler. Peut-être...
Il ne savait pas s'il regrettait d'être venu. Parfois, il tentait encore de l'apercevoir,
et la découvrait accrochée à des grappes déchaînées, torturant son corps dans des attitudes qu'il trouvait grotesques... Dans cet immense temple voué au culte de l'écœurement mutuel, il pouvait
lire les ravages d'un nihilisme sordide, héritage nauséabond de générations précédentes pour lesquelles l'esthétisation du laid et de la débauche perverse étaient gages d'une pensée
brillante !
Bien sûr, la musique était mauvaise. L'air enfumé mélangeait les odeurs d'urine et de bière chaude... Près d'eux, un bad boy aux dents
pourries savourait le chaos d'un air rebelle, tandis que dans son dos une voix excitée le traitait de « trou du cul qui empêche de voir »...
Il
la regardait sourire... aux anges...
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